Depuis septembre 2018, je collabore avec La SMENO dans le cadre d’une BD préventive sur leur Instagram afin de sensibiliser avec humour les jeunes sur différentes thématiques et sujets de société : santé, stress, relations affectives et sexuelles, équilibre alimentaire, alcool ou encore réseau sociaux. 

Pour cette troisième saison, nous avons choisi de les évoquer sous un angle masculin, à travers trois personnages principaux, Pierre-Antoine, Sofiane et Peter. En effet, si les deux précédentes saisons étaient axées sur des sujets « plus » féminins comme la charge mentale, le harcèlement de rue ou encore la contraception, il nous semblait pertinent de ne pas stigmatiser les (jeunes) hommes pour qui il est très difficile, après l’ère #MeToo, de se (re)positionner face à tout ça.

Notre société actuelle a tendance à diaboliser l’ensemble de la gente masculine, de sorte qu’il est délicat pour la jeune génération, souvent désireuse de briser les clichés et autres stéréotypes du genre pour faire évoluer certaines mentalités encore trop patriarcales, de se faire une place voire tout simplement se faire entendre.

On ne compte plus le nombre d’articles ou autres comptes Instagram qui dénoncent la domination masculine, alors que les hommes souffrent également de ce mythe de la virilité. Mais ils n’osent pas toujours prendre la parole, de peur de ne pas être légitimes. Les stéréotypes du genre sont encore très présents, que ce soit dans la sexualité, la parentalité, mais aussi dans le monde professionnel.

A côté de cela, nous ne pouvions pas exclure de parler d’autres sujets de société comme l’impact du covid-19 sur les étudiants encore plus en proie à une précarité accrue, en plus d’un mal-être profond et d’un sentiment d’abandon. Une « génération sacrifiée » qui se voit refuser son entrée dans le monde du travail. Sur les réseaux les hashtag #etudiantfantome ou encore #jenesuispasunecran montrent que les étudiants sont les grands oubliés de cette crise et qu’ils ont besoin d’être entendus.

Charge sexuelle et injonction à la virilité

 

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Nous abordons également les différentes injonctions à la virilité via la performance masculine par exemple, encore prédominante dans une sexualité qui est loin de s’être affranchie de ses diktats. L’homme, dès l’adolescence, a tendance à se comparer à quelque chose de mesurable comme la taille de son pénis. Il va aussi se valoriser en fonction du nombre de ses partenaires. Au fur et à mesure qu’il découvre sa sexualité, il va aussi se référer au porno, un entertainment loin de la « vraie » vie, où l’endurance durant les rapports tout comme les pratiques sont faussées.

A cela s’ajoute, comme les femmes, les injonctions morphologiques permanentes, avec ses corps aux standards souvent démesurés, pourtant ancrés comme une normalité. Musculature imposante ou silhouette affutée, que ce soit dans le porno ou encore la télé-réalité, les corps normés restent une référence pour beaucoup de jeunes afin se construire.

Draguer après #MeToo 

Peut-on encore draguer après #MeToo ? C’est la question que beaucoup de jeunes hommes peuvent se poser actuellement. Par peur d’être lourds ou ne voulant pas d’ennuis, certains n’osent plus prendre les devants, ne maîtrisant plus les nouveaux codes de la drague. Cela peut faire sourire et pourtant il y a un avant et un après #MeToo et #BalanceTonPorc.

Une réalité confirmée par une étude sur les Français et la drague, menée par YouGov pour l’application de rencontre Happn*.  : 61 % des femmes interrogées disent faire plus fréquemment le premier pas, même si elles sont nombreuses (24 %) à préférer être courtisées.

 

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Le choc du Covid-19

Nous évoquons également la crise sanitaire qui touche de plein fouet les étudiants, toutes classes confondues. Pour beaucoup, cette pandémie et ses confinements successifs, accentuent une précarité déjà alarmante avant ça.  Selon une étude de l’OVE (Observatoire Nationale de la Vie Etudiante) publiée en septembre 2020, près de la moitié des jeunes ayant des problèmes matériels ont présenté le signe d’une détresse psychologique, contre 24% des étudiants sans souci d’argent.

Entre isolement, difficultés financières et cursus en suspens, beaucoup d’étudiants sont inquiets pour leur santé mentale, mais aussi leur insertion dans le monde professionnel tout comme la validité de leur diplôme. En effet, il est important de ne pas minimiser le clivage majeur qui traverse cette jeunesse aujourd’hui, entre ceux qui vont sortir du système éducatif avec un diplôme d’enseignement supérieur et qui réussiront à s’insérer sur le marché du travail, et d’autres, moins qualifiés, qui connaîtront des périodes de chômage au gré des aléas de la conjoncture.

 

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La SMENO  en quelques mots

Vous pouvez retrouver l’intégralité de la saison 1 et 2 sur leur Instagram. Pour vous présenter La SMENO brièvement, il s’agit d’une mutuelle étudiante du Nord et du Nord-Ouest qui organise plus de 500 actions de prévention par an dans les lycées et établissements d’enseignement supérieur. Grâce à ses 27 conseillers de préventions, La SMENO intervient auprès des étudiants dans le cadre d’une convention signée avec le ministère de l’Education Nationale.

En plus de ces interventions, La SMENO organise également des semaines à thèmes comme la Semaine du Bien-être Étudiant ou la Semaine de l’Equilibre Alimentaire.  La SMENO est très investie dans la prévention, à travers ses différentes actions mais également dans la formation de ses étudiants relais dont je vous avais déjà parlé ici dans le cadre de notre conférence avec le Guide de Survie Sexuelle de l’Etudiant/e.