Depuis septembre 2018, je collabore avec La SMENO dans le cadre d’une BD préventive sur leur Instagram @la_smeno afin de sensibiliser avec humour les jeunes sur différentes thématiques et sujets de société : santé, stress, relations affectives et sexuelles, équilibre alimentaire, alcool ou encore réseau sociaux. Cette année, nous publions un épisode tous les 15 jours.

Pour cette deuxième saison, nous avons eu à coeur de traiter de ces mêmes problématiques, mais sous un angle différent afin d’aborder certains tabous autrement, toujours dans le but d’informer, de prévenir et de sensibiliser le plus grand nombre.

Nous parlons aussi bien de contraception, que de la charge mentale, en passant par la grossophobie ou encore l’homophobie.

Sexualité et contraception

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Je reposte ici l'épisode avec @la_smeno sur le choix de ta contraception. J'avais déjà parlé de mon parcours du combattant pour trouver un gynécologue qui accepte de me poser un stérilet en cuivre. J'ai eu quelques petites perles avant de trouver le bon que je ne quitte plus depuis ! . La petite phrase sur la libido ici, c’est true story (c’est cadeau, ça fait plaisir). Une simple demande de changement de contraception s'est transformée en réquisitoire… non ma baisse de libido et mes douleurs n'avaient rien à voir avec ma pilule, c'était "juste" dans ma tête . Je me suis même vue conseillée de faire un effort sous la couette sous peine de voir mon copain allait voir ailleurs. Je passe l'analyse sur ma situation professionnelle de l'époque (en CDI) et le fait de ne pas vouloir d'enfant à ce moment-là (même si on a le droit de ne pas en vouloir tout court), qui n'était visiblement pas compatible avec sa vision des choses . Je suis ressortie avec une nouvelle pilule (pour changer), une impression d'avoir été jugée sur ma vie affective et sexuelle, avec en prime, une injonction à donner naissance à mon premier enfant sous peu étant donné mon âge "avancé", 30 printemps (fanés) . Je me suis questionnée sur le discours adopté par certains gynécologues face à leurs patientes. En quoi un changement de contraception amène-t-il à se faire juger sur ce qu'on devrait faire ou non pour garder son mec ? . Le jugement (et les violences) dont nous sommes parfois victimes lorsque nous exposons notre plus stricte intimité dans un cadre sensé être bienveillant, Marine de @balancetonuterus en parle très bien. Marine milite contre les violences gynécologiques et obstétricales (VOG) en donnant la parole aux femmes qui nous racontent leur histoire et tu peux retrouver son interview sur mon blog. . Il est important de rappeler qu'il y a plusieurs types de contraception possibles et que celle-ci doit avant tout évoluer avec toi et tes envies. Elle s'adapte à toi et non l'inverse. Tu peux la changer à tout moment pour des raisons qui t'appartiennent . La base d'une consultation, c'est l'écoute dans un cadre bienveillant et respectueux de tes choix. #contraception #stopvog #feminisme

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Par exemple, nous abordons le thème de la santé et de la sexualité via la contraception qui est souvent encore imposée par certains gynécologues qui infantilisent leurs jeunes patientes dans le choix de leur contraception. Dans cette même démarche de transparence, qui n’est pas toujours systématique, je vous avais déjà parlé de notre collaboration avec @balancetontuterusici.

Si certains professionnels de santé sont bienveillants et à l’écoute, d’autres le sont un peu moins, ce qui peut parfois conduire à des situations oppressantes (contraception imposée, jugement sur notre sexualité, etc)… Il est donc important de rappeler que nous avons le droit de changer de praticien si celui-ci ne nous correspond pas et surtout d’être informée au mieux sur toutes les alternatives de contraception possible.

Harcèlement de rue et cyber-harcèlement 

Sur le même principe de prévention, nous avons voulu aborder des sujets de société malheureusement encore trop d’actualité, comme le harcèlement de rue que subissent encore de nombreuses jeunes filles, que ce soit à l’extérieur, mais aussi dans les bars. Nous voulons avant tout informer sur les différentes initiatives qui ont été mises en place à Lille et ailleurs afin de protéger au mieux les femmes dans les milieux festifs et en dehors.

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Je reposte ici l'épisode sur le harcèlement de rue avec @la_smeno . Tu peux retrouver l'intégralité de notre BD sur leur Insta où on te parle de différents sujets de société et d'actualité dans le but de t'informer au mieux . Selon une étude de l'IFOP réalisée sur 6025 femmes dont 1007 en France, du 25 au 30 octobre 2018 via un questionnaire en ligne . 86% des françaises déclaraient avoir subi une forme d'agression sexuelle dans la rue au cours de leur vie . – 66% ont été sifflées – 39% on essuyées des remarques ou insultes sexistes banalisées – 43% ont déjà été suivie une partie de leur trajet – 31% ont subies des attouchements – 8% ont été violées Sans compter les regards insistants, les frotteurs ou les exhibitionnistes . Au vu de ces agressions, de nombreuses initiatives ont vu le jour dans les milieux festifs . Je t’avais déjà parlé de @drinkwatch , le label lillois avec ses capuchons anti-drogues adaptables, réutilisables et distribués gratuitement dans les bars partenaires depuis peu . Il y a aussi @stophdr avec "Bar Sans Relou" qui incite le personnel des bars porteurs du label à réagir contre le harcèlement de rue, le @gastama a été le premier à Lille. . Et aussi « Angela », un nom de code importé d’Angleterre il y a 2 ans et qui a pour but de t’aider à signaler un harceleur dans un bar, en faisant mine de commander un cocktail du même nom. Une manière discrète de prévenir les serveurs sans éveiller les soupçons. #stopharcelementderue #barsansrelou #angela #prevention #preventionsante #smeno #lille #ipadpro #illustration #guenievresuryous

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En effet, selon une étude de l’IFOP réalisée sur 6025 femmes dont 1007 en France, du 25 au 30 octobre 2018 via un questionnaire en ligne :

-86% des françaises déclaraient avoir subi une forme d’agression sexuelle dans la rue au cours de leur vie .
– 66% ont été sifflées
– 39% on essuyées des remarques ou insultes sexistes banalisées
– 43% ont déjà été suivie une partie de leur trajet
– 31% ont subies des attouchements
– 8% ont été violées

Au vu de ces chiffres qui parlent d’eux-même, de nombreuses actions ont été mises en place. Il y par exemple @stophdr avec « Bar Sans Relou » qui incite le personnel des bars porteurs du label à réagir contre le harcèlement de rue, d’ailleurs le @gastama a été le premier bar à Lille à sensibiliser son staff sur le comportement à adopter.

Il y a également « Angela », un nom de code importé d’Angleterre il y a 2 ans et qui a pour but de t’aider à signaler un harceleur dans un bar, en faisant mine de commander un cocktail du même nom. Une manière discrète de prévenir les serveurs sans éveiller les soupçons. Sans oublier @drinkwatch , un label lillois avec ses capuchons anti-drogues adaptables, réutilisables et distribués gratuitement dans les bars partenaires depuis peu.

Couple vs conventions égalitaristes

Nous évoquons également des sujets qui touchent au #féminisme, via le couple. Quand le féminisme pénètre le couple, il devient matière à réflexion, forçant à s’interroger sur les diktats culturels, soit sociaux et moraux, afin de prendre conscience des inégalités.

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Je reposte ici l’épisode avec @la_smeno dans lequel nous dénonçons la grossophobie qui est l’une des discriminations au travail les plus fréquentes et qui perdure en toute impunité. La grossophobie désigne l’ensemble des comportements qui stigmatisent et discriminent les personnes grosses, en surpoids ou obèses. Les femmes sont particulièrement visées par ces discriminations au même titre que le sexisme . D’après une étude publiée en février 2016 par le Défenseur des droits et l’Organisation Internationale du Travail intitulée “Le physique de l’emploi”, les femmes obèses sont huit fois, et les hommes obèses trois fois, plus discriminés à l’embauche . 45% des demandeurs d’emploi interrogés estiment qu’il est acceptable de refuser un emploi à quelqu’un du fait de sa corpulence . Selon une étude des mêmes sources en 2015, l’apparence physique est le 2e critère après l’âge et avant l’origine, le sexe, le handicap, sur la perception des discriminations . Ce type de discrimination reste très difficile à prouver.En effet, un recruteur n’a pas d’obligation de justifier un refus d’embauche, même si le candidat évincé lui en fait la demande . Le collectif Gras politique lutte radicalement contre les oppressions grossophobes systémiques. Ses fondatrices, Daria Marx et Eva Perez-Bello ont publié un livre en mai 2018 "Gros n'est pas un gros mot" sur les humiliations dont sont victimes les personnes obèses au quotidien. #smeno #grossophobie #discrimination #vieetudiante #1erjob #illustration #illustratrice #guenievresuryous

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Celles-ci sont flagrantes dans le domaine professionnel, notamment dans les écarts de salaire, mais aussi dans la progression hiérarchique avec le « plafond de verre », cette barrière invisible, à laquelle se heurtent bon nombre de femmes lorsqu’elles souhaitent accéder à des postes de hauts niveaux

Mais il reste difficile de parler de ces inégalités avec son partenaire, quand celles-ci sont aussi présentes dans le couple hétéro de part les rôles stéréotypés qu’on s’attribue. Le poids de la charge mentale comme la répartition des tâches ménagères, l’éducation des enfants ou la contraception restent massivement genrées.

Et pourtant bon nombre d’hommes souhaitent soutenir leur partenaire et prendre davantage de responsabilités afin que le couple en ressorte grandi. Beaucoup souhaitent un allongement du congé paternité, qui est actuellement de 11 jours (week-end et jours fériés inclus…), même si cela n’est toujours pas une priorité du gouvernement.

Taxe rose et féminisme

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J’en profite pour publier le dernier épisode avec @la_smeno où on te parle de la taxe rose notamment . Mais qu’est-ce que la taxe rose ? Eh bien c’est l’écart de prix qui existe entre des produits du quotidien équivalents voire même identiques (coloris en moins) selon qu’ils visent un homme ou une femme . C’est le collectif Georgette Sand qui avait porté ce scandale de la taxe rose sur la place public en 2014 en recensant des produits identifiés “pour fille” et “pour garçon” dont le prix est plus élevé pour les filles alors que la composition ou le service ne varie pas . Un marketing genré qui rajoute une couche d’inégalité dont les femmes se seraient bien passées parce que faire ses comptes pour beaucoup est une double peine . L’UNEF avait publié cet été son étude sur l’évolution du coût de la vie pour les étudiant.e.s qui revient à un surcoût de 529,32€ par an ! #smeno #bd #prevention #taxerose #marketing #quotidien #combat #illustration #illustratrice #procreate #guenievresuryous

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Nous avons choisi également de parler de la taxe rose, une discrimination genrée, parmi beaucoup d’autres, qui impacte directement le coût de la vie étudiante. L’UNEF avait d’ailleurs publié pour la 15ème année consécutive son étude sur l’évolution du coût de la vie pour les étudiant.e.s. Dans son enquête annuelle, l’Unef met en avant la différence dans le coût de la vie entre les femmes et les hommes.

En effet, en raison de leurs dépenses obligatoires plus importantes, les étudiantes dépensent chaque mois en moyenne 44,11€ de plus que les étudiants, ce qui revient à un surcoût de la vie pour les femmes de 529,32€ par an. Hormis les dépenses courantes, c’est surtout celles liées à la santé qui font péter le score ! 104€ en protections hygiéniques, 37,50€ pour une visite chez le gynéco, 19,20€ en contraception (pilule)

Pour en revenir à la taxe rose, il s’agit de  l’écart de prix qui existe entre des produits du quotidien équivalents voire même identiques (coloris en moins) selon qu’ils visent un homme ou une femme. C’est le collectif Georgette Sand qui avait porté ce scandale de la taxe rose sur la place public en 2014 en recensant des produits identifiés “pour fille” et “pour garçon” dont le prix est plus élevé pour les filles alors que la composition ou le service ne varie pas.

Un marketing genré qui rajoute une couche d’inégalité dont les femmes se seraient bien passées parce que faire ses comptes pour beaucoup est une double peine.

La SMENO  en quelques mots

Vous pouvez retrouver l’intégralité de la saison 1 et 2 sur leur Instagram. Pour vous présenter La SMENO brièvement, il s’agit d’une mutuelle étudiante du Nord et du Nord-Ouest qui organise plus de 500 actions de prévention par an dans les lycées et établissements d’enseignement supérieur. Grâce à ses 27 conseillers de préventions, La SMENO intervient auprès des étudiants dans le cadre d’une convention signée avec le ministère de l’Education Nationale.

En plus de ces interventions, La SMENO organise également des semaines à thèmes comme la Semaine du Bien-être Étudiant ou la Semaine de l’Equilibre Alimentaire.  La SMENO est très investie dans la prévention, à travers ses différentes actions mais également dans la formation de ses étudiants relais dont je vous avais déjà parlé ici dans le cadre de notre conférence avec le Guide de Survie Sexuelle de l’Etudiant/e.