Comment décrire le phénomène Julia Palombe en quelques lignes… Artiste engagée, danseuse, auteur et chanteuse, Julia est avant tout une femme qui s’assume telle qu’elle, bien loin des carcans étroits de notre société aseptisée dite moderne.

Dans « Au lit citoyens ! » Julia défend sa liberté mais aussi la nôtre contre cette société de la mal-baise. Elle casse les codes de la sexualité et nous interroge sur l’origine de notre plaisir, trop souvent mis de côté, en nous incitant à nous réinventer via ses 10 commandements .

Je vous vois venir « Encore un livre qui prêche le libertinage et l’échangisme ? ». Eh bien non, « Au lit citoyens ! » s’adresse à tous : célibataires, mal-baisés , mal-aimés, couples exclusifs ou libertins assumés. Parce que le plaisir n’a pas d’identité propre comme on voudrait nous le faire croire.

« Au lit citoyens ! » est avant tout un livre sur la femme d’aujourd’hui avec ses choix de vie, ses convictions qu’elle défend avec passion tout comme sa liberté de jouir. Avec « Au lit citoyens ! » Julia nous jette un pavé dans le plumard !

Défendez votre liberté sexuelle

« Au lit citoyens ! » est l’un des meilleurs livres que j’ai lu dernièrement et je ne dis pas cela parce que j’en fais un article. Je me suis littéralement prise une claque à sa lecture ! Pas un seul paragraphe sans que je réalise la façon dont la femme est encore aujourd’hui prisonnière d’un corset étroit et souvent héréditaire dans lequel la société lui impose de rentrer quand il s’agit de la sexualité !

Comme l’évoque Julia, pourquoi la sexualité fait-elle aussi peur ? La jouissance n’est-elle pas une pièce maîtresse de notre évolution et je dirai même de notre élévation ? Il ne faut pas oublier que cette même jouissance dépend de notre liberté sexuelle, alors il ne tient qu’à nous de la défendre !

Halte au fléau de la mal-baise qui endigue nos couettes ! Pourquoi le plaisir de la chair devrait être différent de celui du palais ? La mal-bouffe, vous connaissez n’est-ce pas ? Un peu, pourquoi pas mais trop bonjour les dégâts ! Eh bien le sexe, c’est pareil.

Halte au fast sex qui n’a rien de furious ! Arrêtons de consommer le sexe comme on consomme tout le reste ! Le sexe c’est tout un art qui amène à se divertir tout en se faisant plaisir. Quand je dis sexe, les premiers mots qui devraient y être associés sont créativité, plaisir et jouissance. Et pourtant ce n’est pas toujours le cas…

Je vous rassure, Julia évoque tout au long de son manifeste avec intelligence et humour différentes thématiques qui sont bien plus profondes qu’une unique identité sexuelle. Un des points qui a retenu mon intention est la place de l’éducation sexuelle dans notre société, tout comme celle de la femme.

Julia-Palombe - Au lit citoyens - Portrait

Dites non au sexe aseptisé

Oui vous m’avez bien lu, le sexe est devenu LA dernière tendance scandinave ! Il est blanc, lisse et bien propre. Manquerait plus qu’il nous dise s’il te plaît et merci et qu’on s’émerveille de l’avoir bien dressé !

Non pas que je prône le sexe sale mais il y a une différence entre la façon dont on nous vend le sexe et ce qu’il est réellement. C’est simple, on fait vivre un enfer à notre intimité ! Entre la guerre des poils, la chasse aux odeurs et le guide du queutard, on est mal les gars !

Maintenant on a plus le droit de sentir quoique ce soit, même sa propre odeur ou celle de son partenaire doit être camouflée. Et les phéromones, les sécrétions, l’attraction tout ça ? En plus de cacher les prémices de nos désirs, il faudrait en plus faire l’amour proprement comme un post Instagram ? Mais pour avoir les likes de qui ?!

Halte au diktat des médias

L’éducation sexuelle est bannie des conversations pour mieux se retrouver « remplacée » par le porno sur Internet, qui est devenu LA référence d’une génération qui n’a plus aucun respect ni repère.

Le porno est partout, car il fait vendre surtout sur Internet mais gare à celui qui osera présenter ou diffuser un programme d’éducation érotique à la télé ! Très judicieusement Julia nous interroge sur le bien fondé de ce que ces médias nous proposent.

Et je m’interroge aussi, qu’est-ce qui est le plus malsain ? Censurer le sexe à la télé quand bien même il s’agisse d’un couple qui s’aime ou faire l’apologie d’un programme comme TPMP qui prône la violence et le non respect d’autrui ?

Quand on sait que la plupart des foyers français sont équipés de postes de télévision, il y a de quoi se poser des questions sur ce qu’on érige comme référence. Sans compter sur les dirigeants des chaînes qui contribuent à délaisser le dialogue familial au profit du placement produit pour pousser à la consommation. Consommer oui, s’éduquer non…

Quant aux magazines qui prônent le slow sex comme la dernière tendance en nous matraquant de bons conseils, pourquoi pas. Mais le cœur du problème, c’est quand même de décortiquer le phénomène donc de remonter à ses origines non ? Mention d’ailleurs à Causette le Mag pour son Hors Série « Voyage en Clitorie » qui est une belle référence en terme de sexualité féminine sur papier.

Julia Palombe - Au lit citoyens ! - Secrets de coquines

Halte à la compétition féminine

Et justement en parlant des femmes, un autre point qui m’a fait réfléchir est la jalousie parfois féroce qui règne entre celles-ci. Comme quoi, on nous a bien formaté. Derrière chaque femme il y a une mère mais c’est bien triste de la réduire à ça. Pourquoi, comme nous le dit Julia, la grande aspiration d’une femme de nos jours est d’avoir un enfant ? Depuis quand un enfant nous définit ?

La maternité est érigée comme le triomphe des femmes, leur accomplissement. Cela en devient même une obligation. LE truc auquel tu ne déroges pas sous peine d’être considérée comme une déserteuse dans cette armée de la reproduction. En quoi mettre un enfant au monde ferait de moi une meilleure femme par rapport à celle qui n’en veut pas ?

J’ai 32 ans, je n’ai pas encore ce désir d’enfant et je le vis très bien alors pourquoi notre société ou même les autres femmes le vivraient mal pour moi ? Depuis quand un statut dépend de quelqu’un d’autre que nous-même ? Il faut arrêter de culpabiliser les femmes qui ont envie de faire carrière ou de vivre leur passion sous prétexte qu’on échappe aux vraies responsabilités.

Parce qu’une femme sans enfant n’a pas de responsabilités ? Eh bien sachez que pour certaines oui et en plus de le penser très fort, elles le crient ! Maternité et sexualité, même combat… Tu fais l’amour quand tu en as envie car ça te procure du plaisir, mais si on t’y oblige, ça devient moins plaisant. Faire un enfant, c’est pareil. Laissez-nous le choix.

Et si nous n’avons pas envie de vivre à travers nos enfants ? Si nous avons envie de nous réaliser loin des diktats de la maternité et de la mode au passage ? La tolérance fonctionne dans les deux sens, mais cela on a tendance à l’oublier.

Quand on voit les contenus féminins, entre les tutos « être une mère parfaite » et « réussir son make-up », comme l’écrit si bien Julia, on se demande quelle est la préoccupation des femmes de nos jours. Quand un enfant imposé devient une arme de destruction de sa liberté, je dis non !

« Non mais attends, je ne te suis plus, on parle de mal-baise et tu switches sur les lardons ? » Eh bien oui, car il est question de beaucoup de sujets dans ce manifeste, dont celui-ci en fait parti. C’est pourquoi je vous invite vraiment à le lire ! C’est une réflexion intelligente et brillante que nous livre Julia sur notre société. Et justement voici les questions que j’avais envie de lui poser.

Julia Palombe - Au lit citoyens !
Julia Palombe solaire et en pleine dédicace au salon de la littérature érotique

Julia Palombe nous en dis plus…

Lorsque tu vois les échos positifs de ton manifeste surtout dans la presse féminine, tu te dis que les mentalités sont prêtes à évoluer ?
Je suis convaincue que les mentalités sont en train d’évoluer. Je porte un regard positif et optimiste sur notre avenir. Seulement, et c’est là l’urgence: la nouvelle génération a besoin d’être orientée, éduquée et éclairée. D’où ma focalisation sur la nécessité d’une éducation à l’éveil des sens, à la conscientisation du corps et de ses possibilités de jouissance, au respect et au consentement.

Quel a été le point de départ de l’écriture de ton manifeste ? Une envie de jeter un pavé dans les plumards ? Un ras le bol des diktats ?
C’était pour moi une évidence qu’il fallait écrire ce manifeste; et si personne ne l’avait fait auparavant, c’était à moi de le faire. Mon moteur c’est toujours le désir de faire la lumière. C’est ma façon de vivre et de créer. Je suis une artiste, j’ai une vision et je la partage avec le plus grand nombre. C’est ma quête à moi. J’ai ce désir de faire réfléchir, de faire rêver …et de faire jouir aussi! 🙂

Quand tu évoques le diktat de la maternité imposé, les femmes en sont-elles responsables de part leur intolérance quant au non désir d’enfant ?
« La Maman et la putain » reste un conflit terriblement ancré dans notre culture. Que ce soit du côté des hommes comme de celui des femmes, nous avons du mal à prendre la femme (c’est le cas de le dire) dans tous ces aspects, et à respecter ses choix. C’est pourquoi, avec ce livre, je conseille aux femmes de se décrisper quand à la maternité, de se regarder chacune avec bienveillance et entre elles. Et aussi d’accepter la liberté de chacune de choisir ce qui est bon pour elle (maternité ou pas, c’est un choix personnel qui n’a pas à être jugé). Lorsque les femmes seront débarrassées de leurs peurs, elles pourront enfin vivre une sororité pleine et vraie, qui fera beaucoup de bien à la société toute entière.

La mal-baise est devenu un phénomène de société à tel point que les coachs nous récupèrent désorientés. La jeune génération est-elle la plus touchée ?
La jeune génération est en danger car elle est directement perfusée à youporn (ce qui n’était pas notre cas), c’est pourquoi je suis ravie de commencer à donner des conférences en milieu scolaire et étudiants, pour pouvoir les aider à prendre de la distance par rapport aux messages et aux images véhiculées sur la ‘performance’. Il est primordial de leur montrer le chemin d’une sexualité épanouie loin des sites porno amateurs…

Quand tu nous glisses une anecdote sur cette politicienne qui s’est liquéfiée sur son siège à la lecture de ton parcours, pourquoi la sexualité fait-elle si peur ?
Une femme qui possède sa sexualité possède par là-même sa propre voix, et cette notion moderne fait peur. Peur aux hommes qui semblent craindre pour leur pouvoir. Peur aux femmes qui sont renvoyées à leur propre liberté sexuelle et en conséquence à leurs propres angoisses.

Quand tu évoques le sexe aseptisé sans odeur ni saveur, le porno est-il à blâmer ou plutôt le consommateur auquel le marché s’adapte ?
Ni l’un, ni l’autre. Ce sont les grandes multinationales qui font la loi, et ce sont elles qui sont à blâmer! En attendant, j’invite le consommateur à avoir un comportement éthique et responsable, y compris (surtout) lorsqu’il s’agit de sexualité et de relation amoureuse. Le peuple a le pouvoir! Nous avons le pouvoir.

Il y a beaucoup d’humour dans ton livre. Est-ce une façon d’éveiller les consciences face à une pensée unique par le rire et la dérision ?
L’humour est un formidable tremplin pour une réflexion intelligente. La meilleure preuve d’intelligence est l’adaptation. La souplesse et liberté se développent beaucoup mieux dans un climat léger. Je tente, par la légèreté, de garder les consciences éveillées!

Quand tu nous parles d’éducation sexuelle pour palier au manque de dialogue dans les familles, tu comptes l’aborder dans tes conférences ?
Absolument. J’ai d’ailleurs la chance de mener une double conférence (si je peux me permettre la tournure 🙂 ), le 8 Mars prochain à Cherbourg, le matin avec les étudiants, et le soir avec les parents (familles). La sexualité est un vaste sujet qui ne se réduit pas à la pénétration. Lorsque l’on parle de consentement, de “mon corps m’appartient”, de ressenti, de dialogues amoureux bienveillants… on est déjà dans la sphère sexuelle.

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes femmes qui peinent encore à assumer leur sexualité aujourd’hui ?
La sexualité ne s’assume pas, elle se vit! On ne naît pas épanouie, on le devient. Et ça commence MAINTENANT!

Auteur engagée, chanteuse, danseuse et maintenant conférencière, 2017 l’année des challenges ?
L’avenir nous le dira… Je suis une escaladeuse, j’aime partir à la découverte de nouveaux sommets!

Quelles sont tes prochaines dates où l’on peut te rencontrer ?
Le 2 Février à 19H30 au TAKEN CLUB PARIS, je lance ma campagne présidentielle: AU LIT CITOYENS! #Palombe2017. Mon discours sera retransmis en direct en FaceBookLive sur mon compte. Je serai entourée de personnalités sensuelles de tous bords dont Franck Spengler, Nathalie Giraud, Jérôme Soubeyrand et bien d’autres encore…
Puis, je vous recommande de réserver dès aujourd’hui votre 1er AVRIL 20H30 (non ce n’est pas une blague!), car je serai en concert au Bus Palladium Paris avec mes musiciens. Et on me dit dans l’oreillette que des nouvelles chansons sont en préparation…

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« Au lit citoyens ! » est disponible aux éditions Hugo & Cie. Psst.. un avant goût sur sa chaîne Youtube par ici.
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